Citation du jour #2

Les raisins de la colère, John Steinbeck


– Tu ne penses pas à ce qu’on va trouver en arrivant là-bas ? T’as pas peur que ça ne soit pas si beau qu’on se le figure ?

– Non, fit-elle vivement. Non, non. C’est pas une chose à faire. Je ne veux pas faire ça. C’est trop… ce serait vouloir vivre trop de vies. Devant nous il y a des milliers de vies qu’on pourrait vivre,  mais quand le moment sera venu il n’y en aura plus qu’une. Si je me mets à suivre toutes les routes possibles, y’en aura trop. Toi tu peux vivre dans l’avenir,  parce que tu es jeune, mais nous, moi, il y a la route qui défile,  et on est dessus, et c’est tout. Et la seule chose qui compte, c’est à quel moment au juste ils vont me demander des os de porc à manger. (Sa figure se durcit.) C’est tout ce que je peux faire. J’peux pas faire plus. Si j’faisais plus que ça, les autres en seraient tout retournés. Ils se fient tous à moi pour que justement je ne pense pas plus loin que ça. 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :